Comment on classe chaque commentaire.
Trois cadres de référence universitaires, une échelle de sévérité, et un parti pris assumé : ne rien interpréter à la place du lecteur.
Les trois étiquettes que vous verrez partout
Pour rester lisible, le dashboard utilise trois mots simples. Voici à quoi ils correspondent vraiment.
Le commentaire est classé antisémite par les deux cadres principaux à la fois. Consensus strict : il n'y a pas de discussion possible sur la nature du propos.
Antisémite selon IHRA, mais pas selon JDA. Typiquement : critique politique d'Israël que le cadre IHRA inclut et que le cadre JDA exclut explicitement. Zone de désaccord académique.
Le contexte manque (réponse à un autre commentaire supprimé, ironie, sticker, langue mêlée). Marqué pour relecture humaine plutôt que classé à l'aveugle.
Les trois cadres de référence
IHRA
International Holocaust Remembrance Alliance, 2016La définition la plus utilisée par les institutions et les États (adoptée par la France en 2019). Inclut explicitement certaines critiques d'Israël quand elles « nient le droit à l'auto-détermination du peuple juif » ou « appliquent un double standard ». Critiquée pour avoir un périmètre large.
JDA
Jerusalem Declaration on Antisemitism, 2021Réponse universitaire à IHRA, signée par 200+ chercheurs en études juives et de la Shoah. Périmètre plus étroit : protège explicitement la critique politique d'Israël, le BDS, l'anti-sionisme. Reconnue comme contre-poids académique à IHRA.
Decoding Antisemitism
TU Berlin, projet en coursPas une définition mais une grille de codes (D1, D2, D3...) qui identifie des motifs récurrents : complot mondial, déicide, antisémitisme codé (« certains », « eux »), inversion victimaire, négationnisme. Permet de qualifier comment un commentaire est antisémite, pas seulement s'il l'est.
Pourquoi croiser les trois ? Aucune définition unique n'est neutre. En affichant le verdict de chacune et en isolant leur intersection, le dashboard rend visible ce qui fait consensus et ce qui fait débat. Les Avérés et les Contestés ne s'additionnent pas : ils répondent à des questions différentes.
L'échelle de sévérité (1 à 5)
- 1 · borderline, ironie ou ambiguïté forte
- 2 · hostilité diffuse, sous-entendu
- 3 · stéréotype explicite
- 4 · diffamation collective, déshumanisation
- 5 · appel à la violence, négation ou apologie de la Shoah
Ce que cette analyse ne mesure pas
- La modération côté créateur. Les commentaires supprimés, bloqués, ou filtrés par mot-clé avant le scraping ne sont pas comptés. Le compteur reflète ce qui était publiquement visible, pas ce qui a été publié.
- La viralité du hate. Un commentaire avec 2 likes et un commentaire avec 2000 likes pèsent identiquement dans le décompte (mais les likes sont affichés, pour le contexte).
- L'intention. On classe un propos, pas un auteur. Un compte « récidiviste » signale une fréquence, pas un jugement moral global.
- Les vidéos non scrapées. L'échantillon est défini par fenêtre temporelle (30 jours) et par méthode de collecte. Un créateur peut publier hors-fenêtre.
Pour aller plus loin
Sur la page Commentaires, activer Mode expert dans la table affiche les colonnes IHRA, JDA et codes Decoding Antisemitism pour chaque ligne. Sur la page d'un créateur, la section « Topics déclencheurs » ventile les taux par thème de vidéo.
Le détail technique de la rubrique de classification est versionné dans RUBRIC.md.